Mon premier projet en courtepointe
Est-ce que, comme moi, vous passez des heures sur Pinterest ou Instagram à la recherche d’inspirations pour vous prochains projets ? C’est une vraie addiction… mais pour être honnête, je ne m’en passerais pour rien au monde.
Depuis plusieurs mois, mon petit cœur bat pour la courtepointe, j’en vois et j’en veux partout, autant sur mes vêtements que dans ma déco. Je trouve que c’est un art tellement éclectique. Une idée de base toute simple - l’assemblage de pièces de tissus – et une infinité de possibilités, autant techniques que graphiques.
Mais voilà…
J’ai le souvenir d’en avoir fait un petit peu avec ma grand-mère étant petite, mais ça s’arrête là et j’ai peur de me lancer, peur de faire les mauvais choix de couleurs, de motifs, de patron. Bref, peur de mal faire.
Depuis que je travaille chez Club Tissus je redécouvre cet art, et l’arrivée de la semaine de la courtepointe s’est présentée comme l’occasion parfaite pour tenter l’aventure de la courtepointe, le challenge dont j’avais besoin !
J’ai décidé de commencer par un seul projet, mais pas n’importe lequel.
Mon premier projet de courtepointe : une œuvre murale
Ça fait un petit moment que je pense à habiller mes murs et ça me tient toujours à cœur de faire quelque chose de mes mains !
Pour mon projet, je me suis inspirée du bloc de courtepointe Célestia, enfin de la partie centrale, l’étoile.
Mon idée est simple : partir d’un bloc, le répéter 9 fois et obtenir un grand carré graphique, à mi-chemin entre la courtepointe traditionnelle et l’œuvre décorative.
Choisir les tissus pour la courtepointe
Je suis une personne très visuelle, alors avant de me lancer dans le projet, j’ai d’abord pris mon ordi et fait une multitude de tests de coloration pour mes blocs, à la recherche d'une harmonie de couleur qui me plairait.
Pour moi, la courtepointe devait être en 5 couleurs: avec une couleur claire, une couleur foncée, une couleur pop et 2 autres couleurs plutôt moyennes, afin de lier le tout.
L'autre "contrainte" que je me suis donnée, c’était d’intégrer au moins un coton à motif. Une fois arrivée en magasin, j’ai commencé par sélectionner plusieurs cotons à motifs. Ensuite, je me suis tournée vers les cotons unis et j’ai testé et testé des assemblages jusqu’à ce que l’association me plaise et qu’elle corresponde aussi aux couleurs de ma déco à la maison. Pour mon projet, voici ce que je me suis procurée en magasin :
- 1 m de coton Kona Natural
- 25 cm de coton Kona Bordeaux
- 25 cm de coton Kona Ballerina
- 25 cm de coton Kona Prairie Sky
- 25 cm de coton Kaffe X Morris & Co – Fruit Cobalt
- Fil de coton Gütermann (pour le surpiquage)
- Épingles courbées en acier nickelé Heirloom
J’ai aussi utilisé des outils que j’avais déjà à la maison dont :
- Une grande planche à découper 18 x 24 po
- Une règle à courtepointe en cm qui pourra être remplacée par la règle Olfa 6 x 24 po
- Un couteau rotatif Olfa 28 mm
- Fil de poly tout usage Gütermann 500m
- Une nouvelle lame pour le couteau
- Un marqueur Frixion fineliner
- Des pinces de couture
Le bloc test : je me lance !
Avant de me lancer à fond, j’ai décidé de faire un bloc test. Juste pour voir comment ça se passait et, si j’arrivais à bien gérer les lignes droite droites et les pointes.
Petite précision avant de continuer : j’ai travaillé en centimètres. Ne m’en voulez pas, c’est simplement plus intuitif pour moi pour commencer, même si, de ce que je comprends, le monde de la courtepointe est plutôt régi par les pouces.
Pour ce premier bloc, j’ai commencé par découper toutes mes pièces, armée de ma règle de courtepointe, d’un couteau rotatif et de ma planche de coupe. Rien d’exotique, mais des outils précis, qui font toute la différence quand on débute et qu’on veut mettre toutes les chances de son côté.
Puis je me suis lancée à la machine à coudre, avec une valeur de couture de 1 cm (super simple, on a dit).
J’ai commencé par ce qui me faisait le plus peur : le motif du vol d’oie…


Ce bloc de trois triangles, en deux couleurs, conçu à partir de deux carrés et d’un rectangle… je l’appréhendais vraiment.
J’en ai fait un seul pour commencer et tout a bien été ! Ma pointe de triangle tombait exactement à 1 cm du bord – c’était ok !!
Alors j’ai continué.
Assembler les pièces, une étape à la fois
J’ai poursuivi avec les trois autres assemblages de vol d’oie : couture du rectangle et du carré, retaillage à 1 cm, repassage et on recommence avec le deuxième carré: coupe, repassage.
Je n’ai jamais négligé le repassage, je suis toujours très assidue à réaliser étape, déformation de couturière !
Ensuite vient l’étape de l’assemblage par lignes :
- le bloc du haut avec celui du haut
- le bloc du milieu avec le bloc central
- le bloc du bas avec celui du bas
Puis repassage.
Petit truc personnel : puisque je voulais que la couture marque bien l’angle du vol d’oie, la pièce vol d’oie se trouvait toujours vers le haut lors des assemblages (c’est-à-dire visible sous le pied de biche de la machine). Ça me permettait d’ajuster la position de l’aiguille au besoin.
Même principe pour le côté opposé.
Finalement, j’ai assemblé les trois lignes entre elles, en prenant le plus grand soin possible pour faire correspondre les lignes de couture.
Trop fière du résultat de mon tout premier bloc.






Passer du test au projet complet
Une fois le bloc test réussi, je me suis lancée dans la découpe de toutes les autres pièces, en mode production à la chaîne ! J’adore à quel point j’ai pu être efficace à cette étape !
Grâce au plan que j’avais préparé en amont, je savais exactement quelles pièces et combien de chaque couleur je devais découper.
Pour chaque bloc, j’avais besoin de :
- Couleur 1 (le centre de l'étoile) : 1 carré de 12 × 12 cm
- Couleur 2 (les pointes de l'étoile) : 8 carrés de 7 × 7 cm
- Couleur 3 (le fond) : 4 rectangles de 12 × 7 cm et 4 carrés de 7 × 7 cm
Je travaillais 3 ou 4 blocs en parallèle. Je cousais en une fois tous les côtés gauches du vol d’oie, je coupais le surplus à 1 cm, je repassais… puis je répétais pour former le deuxième triangle (côté droit).
Ensuite, je créais toutes les lignes du bloc, je repassais, puis j’assemblais le tout pour complété chaque bloc étoile.






L’assemblage des blocs
Une fois tous mes 9 blocs terminés, est venue l’étape que je redoutais presque autant que le vol d’oie : assembler les blocs entre eux.
Je savais que c’était le moment où la précision allait vraiment compter. Même si j’accepte volontiers l’imparfait — pour moi, ça fait partie du charme du fait main — je ne voulais pas non plus avoir de regrets en voyant les coutures mal alignées.
J’ai donc pris un peu plus mon temps que d’habitude et travaillé ligne par ligne.
Pour assembler les blocs d’une même rangée, j’ai utilisé des pinces à courtepointe, que je plaçais directement sur chaque jonction de couture à aligner. Une pince par couture, pas plus. Il y avait parfait des petits décalages de distances entres les coutures, quand c'était vraiment nécessaires, je jouait un peu avec la tension de mes tissus et j'épinglais chaque côté d'une couture avec une épingle sans tête pour encore plus de précision.
Ce petit truc m’a énormément aidée à limiter les décalages et à garder les tissus bien en place pendant la couture, sans avoir à gérer trop d’épingles, juste quand c'était nécessaire.
Une fois chaque rangée assemblée et repassée, j’ai réuni les trois lignes pour former mon grand carré final.
Voir tous les blocs s’unir, même imparfaitement, mais avec une vraie cohérence… c’était extrêmement satisfaisant.




Le matelassage ou donner vie au projet !
Maintenant vient l’étape du matelassage.
- Pour le matelassage, j’ai commencé par couper :
- Un carré de coton pour l’endos (65 x 65 cm)
- Un carré de bourre (63 x 63 cm)
Puisque c’est un projet pour une œuvre murale j’avais acheté de la bourre de polyester. J’ai choisi celle-ci après avoir lu l’article de blogue dédié à la bourre pour la courtepointe que vous pouvez retrouver ici.
Pour faire le sandwich j’ai commencé par fixer sur ma table le carré de coton de 65 cm qui se retrouvera à l’endos de la courtepointe avec du ruban de masquage (oui, celui pour la peinture). Ensuite j’ai placé mon carré de bourre en la centrant sur mon coton puis enfin j’ai bien repassé une dernière fois ma courtepointe puis je l’ai disposé sur la bourre. Pour maintenir les couches ensemble, j’ai utilisé des épingles de sûreté courbées, recommandées par mes collègues — et je comprends maintenant pourquoi. Là encore, nous avons un super article qui explore plus en détail l'étape d'épinglage d'une courtepointe que je vous invite à lire, il m'a beaucoup éclairé sur cette étape qui me parassait floue.
Pour le matelassage, j’ai juste tracé mes lignes 9 lignes de couture avec un marqueur Frixion fineliner (ceux qui s’effacent à la chaleur) puis cousu les lignes, 3 verticales et 3 horizontales de sorte de faire une croix dans chaque carré central (coeur de l'étoile).






Bon, le piquage à la machine n’a pas été facile, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois pour arriver à un résultat qui me convenait.
Au final, j’ai réduit la vitesse de piquage de ma machine et j’ai allongé les points passant de 2.5 à 3.5. J’ai d’ailleurs changé de fil pour cette étape, j’ai utilisé un fil de coton Gütermann. Mais en vrai je ne le recommande pas. Il s’est beaucoup brisé. Je pense que j’aurais dû opter pour un fils plus spécialisé comme le Aurifil parce que je ne maitrisais pas assez cette étape.




La finition de la courtepointe murale
J’ai souhaité terminer ma courtepointe avec un biais discret. J’ai commencé par tailler mon biais dans le droit fil sur une largeur de 4 cm et pour une longueur de plus de 260 cm. Étape super facile avecla règle à courtepointe ! J'ai ensuite repassé plié mon biais en deux sur la largeur, je l'ai installé sur tout le tour de la courtepointe puis je l’ai cousu à 1 cm du bord de ma courtepointe. Si vous voulez plus de détails pour cette étape, j’ai suivi ce tutoriel, plus précisément la partie 2 sur le biais en ligne droite.
Ensuite, j’ai recoupé à 0.5 cm la valeur de couture de toutes les couches et j’ai plié le biais sur l’envers.
J’ai enfin tout terminé en fixant le biais sur l’envers à la main avec des points invisibles.




Ce que ce premier projet m’a appris
En tant que débutante, je manque encore parfois de vocabulaire, et je découvre tranquillement toutes les techniques de la courtepointe.
Mais ce premier projet m’a surtout appris une chose : il faut oser se lancer.
C’est en faisant qu’on apprend, qu’on ajuste. On recommence et on s’améliore ! Et surtout, on développe peu à peu son propre regard et sa confiance.
Si vous avez des trucs, des techniques ou même des mots que je devrais connaître, je serais ravie de les lire en commentaire, parce que je peux officiellement dire maintenant que j'adore la courtepointe et que mon premier projet ne sera pas le dernier !



